Entretien avec Sabine Quindou

 

Comment cette aventure a-t-elle commencé ?

Sabine : Par un coup de fil de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon qui a aussitôt déclenché une forte crise d’enthousiasme.

- « Pouvez-vous imaginer une nouvelle forme de concert qui permette de rendre la musique classique accessible à tous ? »  - « OUI, JE PEUX ! » 

Je venais d’adapter C’est Pas Sorcier à la scène pour une Fête de la Science en Belgique, un show de vulgarisation scientifique, 90 min devant 3 000 personnes. A partir de cette base, j’ai cherché une écriture qui permette à des néophytes, enfants, parents, grands-parents, d’explorer le monde de la musique classique et d’apprécier le travail des musiciens, tout en s’amusant. C’est ainsi qu’est né Souffler n’est pas jouer. Le spectacle a fonctionné au-delà de nos attentes. Du coup, il y a eu un 2è, puis un 3è spectacle, tous créés à l’Auditorium de Lyon, qui a déployé d’importants moyens pour accompagner le développement du projet. Ecriture, dramaturgie, mise en scène, création lumière. Avec leur soutien je suis montée en compétences dans tous les domaines.  Et enfin, le 4è spectacle est une coproduction de l’Orchestre National de Lyon et de l’Orchestre National de France !

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Aujourd'hui, quel est le projet de la Compagnie ?

Sabine : C’est un projet en 5 parties, que nous réaliserons étape par étape.

- D’abord permettre aux spectacles de tourner partout en France, outremer inclus, et dans les pays francophones ! Pour avoir joué le même spectacle avec 2 orchestres différents, dans 2 salles différentes, nous savons maintenant que nous pouvons déplacer le plateau artistique, c’est-à-dire les 2 comédiennes et une partie des techniciens, pour travailler avec différentes formations dans différentes salles.

- Nous voulons aussi élargir le catalogue de spectacles jeune public à d’autres auteurs et metteurs en scène pour travailler en synergie et fédérer l’offre.

- Nous allons créer de nouveaux spectacles bien sûr avec de nouveaux formats. J’en ai 2 en développement, l’un sur Mozart, l’autre sur Beethoven. Parmi les membres fondateurs de la Compagnie, certains ont également des projets en développement que nous allons accompagner.

- Nous allons organiser des événements, par exemple diffusion de films, expositions, qui nous offriront d’autres moyens d’explorer le monde des arts. Là encore, nous avons 2 gros projets dans les cartons.

- Enfin nous créerons une chaine YouTube pour diffuser des adaptations des spectacles en web séries ainsi que des chroniques sur toutes les formes d’art.

 

Pourquoi est-il si important de rendre les arts accessibles à tous ?

Sabine : Un jour, à l’issue d’une répétition, j’ai entendu les élèves d’une école primaire, issus d’un quartier dit sensible des environs de Lyon, qui effectuaient une sortie scolaire à l’Auditorium, dire que la musique classique n’était pas pour eux. J’en ai eu le cœur fendu. Ils avaient à peine une dizaine d’années et se considéraient déjà comme exclus de certains domaines de la société. Et puis au cours de toute cette période de crise sanitaire, nous mesurons bien, pour en être privés, l’importance des liens sociaux et des lieux de culture. Nous avons envie plus que jamais de fréquenter de belles salles pour profiter ensemble de belles choses. Alors je ne suis ni Nelson Mandela, ni Martin Luther King, je ne mettrai pas fin aux injustices sociales mais je ferai ma part.

 

Quelles sont les valeurs incarnées par cette Compagnie ?

Sabine : Le projet repose tout entier sur des valeurs de partage, de transmission et de justice pour développer le goût du beau, la créativité et le vivre ensemble. Sans oublier la joie ! La joie est l’une de mes valeurs essentielles ! Le compositeur Joseph Haydn a écrit « Dieu m’a donné la joie, il me pardonnera de le servir joyeusement ». Avec tout le respect que je lui dois, je me permets de lui piquer sa citation.

 

Pourquoi la Compagnie s’appelle-t-elle Sabine Sorcières & Compagnie ?

Sabine : Sabine parce que je suis l’un des principaux porteurs de projet (mais pas le seul).

Sorcières est bien sûr un clin d’œil à mon expérience au sein de C’est Pas Sorcier. Et puis c’est le surnom que j’ai donné à mes collaboratrices à l’issue d’une représentation avec l’Orchestre National de France. La commission d’orchestre est venue me trouver pour me transmettre, au nom de tous les musiciens, leurs remerciements et leurs félicitations. Ils prenaient un grand plaisir à partager leur art de cette manière, très gaie, avec le public. J’étais à la fois honorée et folle de joie. Et je me suis dépêchée de rejoindre mon équipe en criant presque : « Hé les sorcières, devinez quoi ? » Ce qui m’est apparu à ce moment-là, c’est que nous avions développé le pouvoir de rassembler des gens a priori éloignés les uns des autres pour partager la musique et les émotions qu’elle procure. 

Et Compagnie parce qu’il faut beaucoup de monde pour faire aboutir une production.

Es-tu musicienne ?

Sabine : Non. Je ne suis pas non plus chimiste, ni biologiste, ni physicienne, ni géographe, ni climatologue, ce qui ne m’empêche pas d’être une spécialiste en vulgarisation scientifique. Au contraire même. Au lieu de vulgariser du point de vue de celui qui sait, je vulgarise du point de vue de celui qui découvre. Et toute ma curiosité, et tout mon enthousiasme de la découverte, je les mets dans le spectacle.

 

Comment vous soutenir ?

Sabine : En adhérant à l’association ! Au-delà de la contribution financière qui permet de financer les frais de fonctionnement, chaque nom qui s’ajoute à la liste des nos adhérents est un message d’encouragement très puissant pour tous les membres de la Compagnie. C’est aussi un message de soutien très fort que nous pouvons transmettre à nos partenaires publics et privés. Enfin, nous souhaitons fédérer une communauté de personnes autour d’une communauté de valeurs.